Sur les économistes…

image

Rien n’offre meilleur exemple de cette attitude « je-sais-tout » que les débats entourant le libre-échange. Les économistes orthodoxes considèrent comme un fait avéré la thèse selon laquelle le libre échange entre deux pays profite toujours aux deux parties. Quiconque met en cause ou conteste cette vérité (qu’il s’agisse de syndicats, de militants pour les droits sociaux ou de nationalistes) fait preuve d’ignorance ou défend des intérêts contraires au bien commun. Il faut donc soit mieux informer ces trouble-fête (pour un économiste, rien n’égale la joie d’exposer cette merveilleuse théorie de l’avantage comparatif), soit se contenter de les ignorer. Voilà exactement ce que font la plupart des gouvernements. (Ironiquement, même des économistes orthodoxes reconnaissent aujourd’hui que la théorie classique de l’avantage comparatif est fausse, et ce, pour maintes raisons […]. Néanmoins, cette critique n’a nullement ébranlé leur attachement quasi religieux à la doctrine du libre-échange.)

Et ce n’est pas tout, car ces experts savent monnayer leur arrogance. Hors du monde universitaire, la grande majorité d’entre eux sont au service d’organisations ayant tout intérêt à perpétuer le statu quo : banques, firmes de courtage, grandes entreprises, associations patronales et gouvernements.

Jim Stanford, Petit cours d’autodéfense en économie : l’abc du capitalisme, traduit de l’anglais par Nicolas Calvé, Montréal, Lux éditeur, 2011, p. 9

blog comments powered by Disqus