février 2012
23 billets
![]()
Étrange sentiment: celui du déclassement du Québec, de la caducité de son expérience historique, de l’inutilité de sa communauté politique. Les souverainistes ont longtemps vanté les avantages exemplaires de leur cause: avec la souveraineté, le Québec deviendrait un petit paradis. Personne ne les a jamais crus. Avec raison. L’indépendance n’est porteuse d’aucun miracle social. Mais inversement, ils n’ont pas suffisamment insisté sur les conséquences de son éventuel échec, sur le déclassement social et identitaire des Québécois francophones qu’il risque d’entraîner au Québec même. Celui qui échoue son indépendance régresse existentiellement. S’il est possible de suspendre à court ou moyen terme la poursuite de l’indépendance en travaillant plutôt à la préservation de ses conditions de possibilité, en travaillant à la rénovation d’une société abîmée dans ses fondations et fragilisée dans ses assises, il faut dire une chose clairement: le jour où le peuple québécois renoncera définitivement à l’idée d’indépendance, ou qu’il considérera comme totalement impraticable, pour des raisons démographiques majeures, principalement, ou d’un étrange affadissement du sentiment national, un ressort identitaire profond se brisera chez lui, qui enclenchera une dynamique de folklorisation le conduisant à une agonie politique lente donnant un nouveau visage à ce que Hubert Aquin avait appelé la fatigue culturelle du Canada français. Éviter que la défaite du souverainisme ne se transforme en déroute pour le Québec représenterait en quelque sorte une victoire collective, si minimale soit elle.
Mathieu Bock-Côté, Fin de cycle: aux origines du malaise politique des Québécois
![]()
Onze ans après le génocide du Rwanda, Jacques-Roger Booh Booh*, le représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU, livre son témoignage sur sa mission et sur le général Dallaire.
Chef de la MINUAR pendant le génocide, M. Booh Booh révèle que le général Dallaire a organisé le sabotage de l’action diplomatique en plaçant clandestinement des micros dans son bureau pour écouter toutes les conversations officielles et confidentielles de son patron.
Il a fermé les yeux sur les convois d’armes à destination du Front Patriotique Rwandais alors quil contrôlait plus largement ceux du régime Habyarimana. Il a pris parti pour les rebelles tutsi en acceptant de vivre avec une compagne rwandaise sous toit.
Ce comportement frivole a sali la réputation de la MINUAR et discrédité le travail des casques bleus. Le représentant spécial de lONU affirme que Dallaire ne lui a remis aucun rapport sur lattentat du 6 avril 1994 qui a déclenché le génocide ni sur l’assassinat des casques bleus belges.
M. Booh Booh va plus loin en révélant que Dallaire a carrément invité les rebelles du FPR dans les bureaux de l’état-major de la MINUAR à Kigali pour leur donner des informations sur les positions de l’armée hutu.
En gardant le silence pendant dix ans, lancien ministre et ambassadeur camerounais, Jacques-Roger Booh Booh, a choisi la discrétion et l’humilité face au génocide rwandais. Aujourdhui, « Le patron de Dallaire parle » pour dénoncer la mégalomanie et les dérives dun général de lONU qui se prend pour le général Mc Arthur.
* Jacques-Roger Booh Booh fut le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU et le chef de la Mission des Nations Unies pour l’assistance au Rwanda (MINUAR) de 1993 à 1994. Diplomate de carrière, il a été ambassadeur à Paris et ministre des Affaires Etrangères du Cameroun.
![]()
Les Inuit avaient l’habitude de combattre dans de très longs matchs de lutte qui pouvaient durer des heures. Afin de se préparer pour un match de lutte, les Inuit retiraient leurs vêtements extérieurs comme leur atigik [parka].
Il existe plusieurs types de lutte, notamment : la lutte avec les jambes, la lutte en se tenant par les pouces, la lutte assis sur des chaises et la lutte qu’on appelle nikuvittuq – lorsqu’un des lutteurs est étendu par-dessus l’autre lutteur.
Les lutteurs inuits n’avaient pas le droit d’utiliser leurs pieds pour faire trébucher leur adversaire. Si un lutteur utilisait son pied pour faire trébucher un adversaire, on arrêtait immédiatement le jeu. Ce geste n’était pas permis.
Il y a de cela très longtemps, les matchs de lutte continuaient jusqu’à ce qu’il y ait un vainqueur. Parfois, lorsque les deux lutteurs étaient tous les deux très forts, les matchs pouvaient durer très longtemps. Les lutteurs poursuivaient le match jusqu’à ce que l’un d’eux soit trop faible pour continuer et qu’il s’avoue vaincu.
Dans ce temps-là, les Inuit vivaient dans de petits campements habituellement situés assez loin les uns des autres. Les campements au Nunavik étaient surtout situés le long de la côte de la baie d’Hudson et de la côte de la baie d’Ungava.
Lorsque les Inuit se réunissaient, ils disputaient des matchs de lutte en amis. Ils jouaient pour s’amuser et pour avoir du plaisir.
![]()
La société québécoise termine douloureusement le cycle historique ouvert par la Révolution tranquille. L’espace politique est en pleine métamorphose.
Souverainistes, fédéralistes, lassés de ce débat? De gauche, de droite, ou «ailleurs»? Les idéologies auxquelles nous étions habitués semblent frappées de désuétude. Les Québécois ne savent plus exactement comment penser leur avenir collectif. Partout, un sentiment d’impuissance se propage, alimenté par un cynisme généralisé. Et un pessimisme mortifère gagne la conscience collective.
Dans cet essai, Mathieu Bock-Côté décrypte la crise politique québécoise à la lumière des tendances historiques et sociologiques lourdes qui ont fait le Québec depuis cinquante ans. De l’implosion de la question nationale à celle du mouvement souverainiste, en passant par le retour d’un certain conservatisme longtemps refoulé dans les marges du débat public, il cherche à dégager le sens d’une mutation historique. Surtout, il cherche à voir ce qui, dans cette fin de cycle, permet d’espérer un ressaisissement du Québec.
![]()
Le 28 février 1975 tombait à Rome sous les balles communistes l’étudiant grec Mikis Mantakas, 21 ans. Son assassinat inaugurait la tragique série des assassinats de militants nationalistes par armes à feu, commis dans l’impunité par le terrorisme rouge.
Chaque année, ses camarades italiens mais également européens lui rendent hommage sur le lieu du drame. Pour les camerati : « se souvenir n’est pas de la sensiblerie ou de la nostalgie. Se souvenir est un acte politique ».
Un dossier consacré à Mikis Mantakas est téléchargeable ici.
![]()
L’émergence du nationalisme acadien s’effectue au cours de la période 1860- 1880. Elle est précédée de la levée des interdits pesant sur la population catholique, de l’arrivée d’une génération plus prospère et d’une croissance démographique importante. Le nationalisme naissant est signalé par la création d’institutions acadiennes tels les couvents, le premier collège (le Collège Saint-Joseph) à Memramcook en 1864 et le premier journal de langue française (le Moniteur Acadien) à Shédiac en 1867. Notons que ces instruments culturels ont tous bénéficié de l’appui des membres du clergé d’origine française et canadienne française et de l’historien français Edmé Rameau de Saint-Père qui appréciaient grandement les valeurs traditionnelles de la société acadienne.
L’Acadie est en effet restée fidèle à ses traditions. La famille, la paroisse, la religion sont au coeur de la réalité acadienne. La population acadienne vit en marge de l’État. L’élite marchande et politique restera longtemps anglo-protestante. Les frontières provinciales importent peu pour ce peuple disséminé dans les Maritimes. Ces Acadiens prennent leur destin en main et voient, à l’aide de communautés religieuses, à la mise sur pied d’écoles, de couvents et d’hôpitaux.
Ces initiatives vont permettre la naissance d’une élite cléricale acadienne. Et c’est au sein de cette élite acadienne que la prise de conscience collective acadienne prend forme. En 1880, la Société Saint-Jean Baptiste organise un congrès de tous les francophones de l’Amérique du nord. Plus d’une centaine d’Acadiens s’y rendent et participent à la Commission qui leur est réservée. C’est là qu’est prise la décision de tenir une réunion à Memramcook l’année suivante “pour s’occuper des intérêts généraux des Acadiens”.
Les nationalistes d’alors estiment que les Acadiens doivent se définir en tant que peuple et s’unir sous des symboles nationaux. Au cours de la première convention qui a lieu en 1881 au Collège Saint-Joseph de Memramcook, les délégués adoptent une fête nationale (le 15 août, fête de l’Assomption) et prennent position sur l’éducation, l’agriculture, la colonisation, l’émigration et le rôle de la presse. On y forme également la Société nationale l’Assomption, un substitut de gouvernement qui représente et qui défend les intérêts de la population acadienne des Maritimes. (Dorénavant dans ce texte, cette société nationale sera identifié par l’acronymeSNA.)
La SNA organise ensuite d’autres congrès. C’est au cours du congrès de 1884 que l’on adopte le drapeau et l‘hymne national acadien. Les nationalistes acadiens concentrent surtout leurs revendications collectives au domaine l’éducation et au domaine religieux. L’association langue et foi explique pourquoi le thème de la longue lutte pour l’acadianisation de l’église catholique (1881-1912) est porteur de la lutte contre l’assimilation.
Le nationalisme acadien se nourrit du passé et de mythes : on se reconnaît dans le poème Évangéline de Longfellow. La déportation d’abord, et la survivance acadienne ensuite, marqueront longtemps le discours nationaliste acadien.
![]()
La Fédération des scouts catholiques de la province de Québec fut fondée en 1935. Elle possédait un objectif exigeant : former des hommes, des chrétiens et des citoyens. Plus encore, elle se proposait de former des chefs aptes à influencer la société canadienne-française. Bien que chapeauté par l’Église catholique, le mouvement scout laissait aux laïcs une place prépondérante.
Le scoutmestre (SM) et le chef de patrouille (CP) étaient les deux principaux chefs laïcs de la troupe scoute. Ils étaient respectivement en charge de la troupe (24 à 32 jeunes) et de la patrouille (6 à 8 jeunes). Le CP était lui-même un jeune scout. Par eux transitaient les idéaux et les systèmes de représentation inculqués aux jeunes. Ils devaient être formés adéquatement pour leur charge. Plus que de simples compétences de meneur, leur formation visait à leur transmettre un véritable rapport au monde : l’idéal du chef scout.
David Boudreau, Le chef scout canadien-français : son idéal, sa formation et sa mission dans quatre troupes d’Outremont (1935-1965), Mémoire reçu à l’Université de Montréal, 2011
![]()
L’anarcho-droitisme n’a pas été sans rayonnement au Canada français. Des intellectuels québécois en ont été influencés, surtout par Léon Daudet, Léon Bloy et Georges Bernanos. Bloy occupe un rang à part, comme en témoigne Victor Barbeau, en 1947 : « Il est étonnant que dans un pays qui, comme le nôtre, compte tant de dévots fanatiques de Léon Bloy, au point de lui brûler tout l’encens que, jadis, on réservait à Louis Veuillot, il est étonnant que le style de Bernanos, autrement acéré et cuisant, n’ait pas encore éveillé d’échos, n’ait pas produit de remous de conscience, chez les jeunes, en tout cas, que la paresse ou l’arrivisme n’a pas définitivement muselés ou que n’a point émasculés le niais et pervers dilettantisme dont tant d’entre eux maquillent leur impuissance congénitale. » C’est à Bloy que Raymond Barbeau, fondateur de l’Alliance laurentienne, consacra sa thèse de doctorat controversée. Quant à Victor Barbeau, il confessera : « Léon Bloy m’a consolidé dans mes premières réactions anti-conformistes. »
TRÉPANIER, Pierre, « Victor Barbeau, anarchiste de droite », Les Cahiers des dix , n° 59, 2005, p. 55-87.
![]()
Le Musée présente une exposition sur l’histoire criminelle du Québec au 20e siècle avec, en toile de fond, l’évolution de la société québécoise. Elle retrace les grandes enquêtes judiciaires qui ont marqué la première moitié du siècle, l’évolution de la criminalité depuis 1960 et les avancées de la science médico-légale et judiciaire dont le Québec est un des précurseurs en Amérique.
Le visiteur est transporté dans la première moitié du 20e siècle dans l’univers des grandes affaires criminelles qui ont marqué cette époque. Le meurtre d’Aurore l’enfant martyre, dont on soulignera les 100 ans en 2009, une sordide histoire qui a marqué l’imaginaire des Québécois et s’est inscrite dans notre mémoire collective. Le crime de l’Abbé Delorme et son caractère sensationnel pour l’époque alors que la justice s’attaquait à un ecclésiastique. On parle également de l’audacieux hold-up de la Banque Hochelaga dans les années 1920, de l’affaire Sault-aux-cochons, qui fut le premier attentat contre un avion civil en Amérique du Nord et de l’affaire Coffin qui entraîna un débat sur la peine de mort sous le règne de Maurice Duplessis.
L’exposition porte également sur l’évolution de la criminalité dans la deuxième moitié du 20e siècle avec, entre autres, le phénomène des vols qualifiés dans les années 1960-70 qui a fait connaître la célèbre Monica la mitraille, les attentats terroristes du FLQ, les débuts du crime organisé et les tueries comme celle du parlement ou de Polytechnique. On mentionne également l’émergence de la cybercriminalité.
Toute une section de l’exposition traite des sciences médico-légales et judiciaires, de son évolution et de son important apport dans la résolution des crimes. Cette section fait une grande part à l’interactivité avec le visiteur. Les enfants ne sont pas en reste puisqu’ils sont invités à expérimenter différentes techniques médico-légales et ainsi découvrir s’ils sont de bons détectives !
Le Musée compte sur les artefacts de la collection du Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale du Ministère de la sécurité publique du Québec dont le Musée de la civilisation est le dépositaire, de la Sûreté du Québec, du Musée de la police de Montréal ainsi que des images d’archives de Allô Police.
![]()
Une Nation sans État est un peuple non souverain. Hier, c’était le cas de l’Irlande, de la Pologne ou de la Lettonie, lorsqu’elles vivaient sous la coupe d’autres États. Aujourd’hui, ces peuples ont retrouvé leur liberté. Mais l’Europe du XXIe siècle connaît encore de nombreux cas de Nations sans État Leurs noms Alsaciens, Basques, Bretons, Catalans, Corses, Écossais, Frisons, Gallois, Sorabes… Ces peuples ont toujours défendu leur forte identité. Marqués par des traits culturels particuliers, ils savent exprimer leur sentiment d’appartenance à une communauté soudée par l’histoire. Mais qui connaît réellement leurs aspirations, à savoir leur quête de reconnaissance ou de liberté, le désir de maîtriser leur destin, de pratiquer leur langue, d’être reconnus officiellement ? Ainsi, l’histoire récente nous montre que de nombreux peuples minoritaires ont réussi, par le dialogue, à disposer d’un statut d’autonomie ou à obtenir leur indépendance. Ces droits acquis à force de ténacité leur permettent de décider de leur avenir plus sereinement et de préserver leur identité, souvent mise à mal par le centralisme étatique. A travers soixante cartes inédites, cet atlas invite le lecteur à un tour d’horizon des Nations sans État qui peuplent l’Europe. Il permet ainsi de prendre la mesure d’un des enjeux géopolitiques majeurs du XXIe siècle. La mosaïque européenne sera toujours faite de diversité et de contrastes.
Mikael Bodlore-Penlaez a fondé en 1999 le portail Internet www.eurominority.eu consacré aux Nations sans État et peuples minoritaires d’Europe. Il collabore régulièrement à la réalisation d’ouvrages et de cartes géographiques sur cette thématique. Pour la réalisation de cet atlas, il s’est appuyé sur une équipe de spécialistes des questions « minoritaires » à travers l’Europe.
![]()
Environ 35 000 Canadiens français ont combattu ou ont servi lors de la Première Guerre mondiale. Malheureusement, la plupart d’entre eux se sont faits discrets et n’ont pas laissé de témoignages publiés. Que sait-on de ces combattants ? Comment ont-ils vécu leur guerre ? Comment l’ont-ils racontée à leurs proches ? Cet ouvrage tente de combler ce silence en laissant la parole à ces combattants, aujourd’hui tous disparus, par le biais de lettres, de carnets ou de journaux personnels. L’ouvrage réunit les témoignages, la plupart inédits de plus d’une cinquantaine de combattants.
Écrire sa guerre - Témoignages de soldats canadiens-français (1914-1919)
![]()
En 1839, 58 hommes quittent Montréal pour la colonie pénitentiaire de la Nouvelle-Galles-du-Sud, à l’est de l’Australie. La plupart d’entre eux n’ont jamais quitté leur paroisse natale. Ce sont des citoyens ordinaires qui, entraînés dans le maelström politique de la rébellion de 1838, ont été condamnés à l’exil.
Cette sentence a suivi les soulèvements de l’année 1838, qui a vu des milliers de personnes tenter de renverser la domination coloniale anglaise. Les révoltes furent brutalement réprimées. Douze hommes furent pendus, d’autres virent leur peine commuée en exil à perpétuité. Ces procès furent une vaste mascarade, véritable démonstration de force par l’ordre établi. Alors que la plupart de ces hommes étaient illettrés et ne parlaient pas l’anglais – la langue de la Cour –, on les somma de se défendre eux-mêmes. Le tribut à payer fut terriblement élevé pour les rebelles : la confiscation de l’ensemble de leurs propriétés par la Couronne et la déportation de l’autre côté de la Terre, littéralement. Une fois en Australie, l’humiliation ne connut pas de trêve : prisonniers considérés comme le rebut de leur peuple, ils furent sans relâche mis à mal, même si, au fil des années, ils réussirent par leur intégrité à gagner le respect des habitants de Sydney.
S’appuyant sur les archives juridiques de cette période agitée, mais aussi sur les journaux et témoignages de certains déportés, Un profond sentiment d’injustice nous mène avec brio sur les pas de ces hommes meurtris. De l’effervescence de la bataille aux bancs de la cour martiale, puis dans l’exil solitaire des terres australes, la dignité dont ils firent preuve nous touche encore aujourd’hui.
Née en Australie, Beverley D. Boissery est historienne et enseigne en Colombie-Britannique. Elle est également l’auteure de deux essais (Uncertain Justice et Beyond Hope) et de plusieurs romans.
![]()
I would like you to explain how the first generation of Italian immigrants adapted to life in Quebec and what type of difficulties they encountered. Let’s talk about your experience. In what year did you come to Canada ?
In 1926. I am of Calabrian origin. I was born in the village of Staiti, in the province Reggio Calabria. I came to Canada at the age of twenty-two.
You were already a mature adult. You understood what was happening from the political point of view. You were aware of what was happening in Italy.
Yes, I was already a fascist in Italy.
When you came to Montreal, did a Fascio already exist here ?
Yes, one had been founded in 1925.
Who was its chief organizer ?
Mr. Guido Casini, a sculptor originally from Florence.
What type of activities did you organize ?
We organized conferences, Italian school on Saturday. Things were going well in Italy an there was a patriotic fervor here in Montreal. There were also meetings on April 21st and October 28th each year to commemorate the March on Rome.
Do you recall the 1929 Concordat ?
Yes, in 1929, the first Italian aviator, Francesco D’Epinedo, arrives and the Concordat was signed just after that. He was very well received; a lot of people turned out to receive him.
What were the relations like between the Italian community and French Canadians ?
We got along well. When we organized activities the mayor of Montreal and the other political representatives joined us. People had a high opinion of Italians as well as of the Mussolini regime.
In 1929, there was a Depression. How did people try to face the situation ?
The Depression was really awful. The government handed out relief to the poorest people. Parishes helped needy families as much as possible; they gave shoes and food. The situation at home was not quite as bad. My brother had arrived in 1914-1915 at the age of fifteen. Even among Italians, some people did not have enough to eat. The Montreal Fascio tried to help community by enabling people and families to settle in Libya, because the situation here was really awful.
What was the situation like at the beginning of the 1930s ?
Starting in 1932, the best students at the Italian school in Montreal were sent to summer camps in Viareggio or to Campo Mussolini near Rome. Usually a group of fifteen to twenty boys and girls was sent over. One time, I accompanied them myself. The school principals were sent out from Italy, but most of the teachers were from Montreal. Most of the students regularly went to the Cada d’Italia, but there were also other classes around town: in Richmond, Papineau and Mile End. In the section of the Fascio, the Italian language was taught.
[…]
After the Italian victory in Ethiopia, how Canadian public opinion perceive Italy ? Wasn’t there some ill feeling, especially among English Canadian ?
No, Canadians supported Italy. Italy had no attacked Canada. Sure, starting 1937, English-language media became hostile to Italy’s foreign policy. But among French Canadians, the Mussolini régime continued to be well-considered. I well remember the words of praise expressed by the mayor of Montreal, Camilien Houde, during a party we had organized.
Source : Filippo Salvatore, Fascism and the Italians of Montreal : an oral history, 1922-1945, 1998
![]()
From its inception in the 1960s to its present form, contemporary Mexican American or Chicano art has developed as an art of identity, asserting the uniqueness of Chicanos and their dual Mexican and U.S. American cultural backgrounds. Because it emerged as a social phenomenon, however, many people outside the Chicano community have perceived Chicano art as merely protest art or social commentary, and Mexican American artists have been largely ignored in mainstream museums and absent in art history texts on American art. Yet more than ever before, Chicano art is diverse in medium, style, technique, and content—the cutting edge of a bold attempt to redefine and advance the American experience through new ideas of who we are as Americans and what American art is.
Contemporary Chican@ Art is a general introduction and guide to one of the most exciting and meaningful expressions in contemporary American art. Intended for the casual reader as well as for art history scholars and students, the book provides an overview of work created from the 1960s to the present. George Vargas follows the dramatic evolution of Chicano art within the broader context of American cultural history. He shows that while identity politics was and still is a prevailing force in Chicano expression, Chicano art has undergone a remarkable transformation, shifting from a strict Chicano perspective to a more universal one, while still remaining a people’s art. In the concluding chapter, Vargas takes an in-depth look at selected Chicano artists who share their thoughts about the Chicano artistic enterprise and their own work.
![]()
Et si l’expérience m’a enseigné que les hommes heureux se découvraient en plus grande proportion dans les déserts, et les monastères, et le sacrifice, que chez les sédentaires des oasis fertiles ou des îles que l’on dit heureuses, je n’en ai point conclu, ce qui eût été stupide, que la qualité de la nourriture s’opposait à la qualité du bonheur, mais simplement que là où les biens sont en plus grand nombre il est offert aux hommes plus de chances de se tromper sur la nature de leurs joies car elles paraissent en effet venir des choses alors qu’ils ne les reçoivent que du sens que prennent ces choses dans tel empire ou telle demeure ou tel domaine. Dès lors, dans la prospérité il se peut que plus facilement ils s’abusent et courent plus souvent des richesses vaines.
Alors que ceux du désert ou du monastère, ne possédant rien, connaissent avec évidence d’où leur viennent leurs joies, et sauvent ainsi plus aisément la source même de leur ferveur.
Antoine de St-Exupéry, Les Citadelles, Gallimard, 1948.
![]()
Parmi les groupes français disséminés sur la terre d’Amérique, il n’en est guère, je crois, d’aussi intéressant, d’aussi nettement caractérisé, d’aussi sympathique et d’aussi peu connu que celui des Madelinots - ne pourrait-on pas désigner ainsi les habitants des Iles de la Madeleine ?
Leur histoire est tragique, leur livre de famille ne porte d’autre tache que celle des larmes brûlantes des ancêtres acadiens. Au milieu d’un siècle acharné à niveler toutes les différences et à détruire le pittoresque, ils ont gardé une physionomie légèrement vétuste qui charme, une âme solidement traditionaliste qui réconforte le voyageur habitué à voir sombrer partout, avec les vieilles vertus et les vieux atours, les vieux pensers et les vieux dicts, l’ambiance même de nos aïeux.
Les Madelinots sont presque tous des Acadiens, des arrière-petits-fils des déportés de Grand’Pré. Ils sont la preuve vivante de l’un des trois ou quatre grands crimes de l’histoire, de ce que Winslow a cyniquement appelé « l’une des grandes actions qu’aient jamais accomplies les Anglais en Amérique » .
Je le sais, les Acadiens, chrétiennement, ont pardonné à leurs bourreaux. Ne l’avaient-ils pas déjà fait au pied du Christ, dans l’église de Grand-Pré, quand le feu qui consumait leurs demeures rougeoyait encore sur la dalle où ils priaient à genoux ?… Ils ont pardonné, oui, mais ils se souviennent, et il m’a semblé que ce grand malheur a imprimé à la race - aux femmes, aux mères surtout - un atavisme très perceptible, une pointe de mélancolie qui tempère la vivacité latine. Ces fils de martyrs ne sont pas blagueurs, pas frondeurs, pas conteurs d’histoires, et leur bon sourire se dilate rarement en un rire un peu large. Les Madelinots, aurait dit Rostand, sont Grand-Pré vivant qui se promène !
Et cette physionomie d’âme, un peu douloureuse et d’autant plus attachante, se traduit merveilleusement ici par le langage, le dialecte, qui, sorti de France au grand siècle, a cristallisé pour les conserver comme de précieux bijoux de famille, tant de vieilles et graves façons de voir, de sentir et d’aimer !